2 – UTILISER CONCRÈTEMENT L’ÉQUATION MAGIQUE AVEC VOS STAGIAIRES

La méthode de l’équation est très utile pour « remplir » facilement les premières cases de scénaristes néophytes qui ont encore besoin de travailler de manière scolaire au départ.

Une fois que vos stagiaires ont leur histoire, vous pouvez mettre les lettres de l’équation sur un paperboard et faire écrire ce à quoi elles correspondent. 

 

Cette équation fonctionne avec tous les formats ! Court métrage, série courte, série longue, long-métrage..!

Si l’on reprend l’exemple du Roi Lion :

    • A c’est Simba, héritier de la couronne.
    • B c’est son besoin conscient d’abord : au début, il veut devenir roi, selon une vision enfantine, privilégiée et irresponsable. Après la mort de son père, ce « WANT » s’inverse : il veut fuir, oublier, ne plus affronter son passé. Son « NEED » inconscient : accepter qui il est, assumer sa responsabilité et l’héritage de son père, faire le deuil et se pardonner une faute qu’il n’a pas commise.
    • C est d’abord un conflit externe : Scar. Et un conflit intérieur, et c’est le plus puissant : la culpabilité de Simba, qui se croit responsable de la mort de son père, mensonge implanté par Scar. Autre obstacle, secondaire celui-ci : les hyènes.
    • D est la mort de Mufasa et l’injonction de Scar («ne reviens jamais ») qui arrache Simba à son monde.

Cette méthode simple à utiliser n’empêche d’ailleurs pas de développer d’autres points essentiels qui donneront à cette équation toute sa chair et sa profondeur :

    • L’univers et l’arène : l’arène désigne le monde, le milieu ou l’univers dans lequel se déroule l’histoire, le cadre spécifique (professionnel, social, géographique, institutionnel) qui sert de terrain de jeu aux personnages et à l’intrigue. L’arène n’est pas juste un décor passif — elle a ses propres règles, sa hiérarchie, ses codes, ses enjeux de pouvoir. Elle doit être suffisamment riche et contrainte pour générer de la matière à conflits (puisque le conflit fait avancer l’histoire !)
    • Et enfin, les intentions (comme nous l’avons déjà évoqué). Questionnez vos apprenants sur les raisons qui les poussent à développer cette histoire, ce personnage, cette arène. Il est plus aisé de les questionner là-dessus une fois qu’ils ont commencé à brainstormer, posé sur papier, élaboré un début de pitch, plutôt que trop tôt, au risque que leurs intentions restent très conceptuelles et presque « hors sol ». NB : dans les intentions on retrouve souvent les THÈMES chers aux auteurs (ex : la transformation, la culpabilité, la violence humaine,…)