
1 – SCENARIO, L’IDEE QUI ECLOT
L’objectif du groupe d’écriture est d’aboutir au scénario dialogué. Mais inutile de se précipiter sur cette étape, plusieurs bases doivent êtres solidement construites avant d’y d’aboutir.

En résumé, voici les étapes déplier pour aboutir au script ou à la Continuité Dialoguée, c’est-à-dire à une version finalisée qui pourrait être prête à être tournée.

a) Le pitch, c’est la version la plus condensée possible de votre histoire : en trois à cinq lignes, on doit pouvoir comprendre qui est le personnage principal, ce qu’il veut, ce qui s’y oppose et ce qui est en jeu. Si vous n’êtes pas capable de résumer votre histoire en quelques phrases, c’est souvent le signe qu’elle n’est pas encore suffisamment claire dans votre tête. Le pitch oblige à identifier le cœur du récit avant de se perdre dans les détails. C’est une boussole que vous garderez tout au long du processus.
b) Le traitement est un résumé exhaustif de l’histoire, écrit au présent, comme une prose. On y raconte ce qui se passe, les actions, les enjeux, les retournements, de manière fluide et lisible. Il fait généralement 15 pages pour un long métrage, plutôt 5 pour un court-métrage.
C’est une étape cruciale car permet de tester la solidité dramatique de l’histoire avant d’investir du temps dans l’écriture détaillée. Est-ce que le récit avance ? Est-ce que les personnages sont cohérents ? Est-ce que la fin répond aux questions posées au début ? C’est ici qu’on répond à ces questions et qu’on les corrige si besoin.
c) Le séquencier est une étape intermédiaire souvent sous-estimée, mais extrêmement précieuse : on liste toutes les séquences du scénario dans l’ordre, en les résumant chacune en 2/3 lignes avec le lieu, les personnages présents, ce qui se passe et ce que ça fait avancer dans l’histoire.
C’est un outil de structure narrative très important pour repérer les déséquilibres (une partie trop longue, une autre trop expédiée, le fameux « ventre mou » en 2ème partie), les séquences inutiles ou au contraire les manques. On peut déplacer, supprimer, ajouter des séquences facilement, sans avoir à réécrire des pages entières. C’est beaucoup plus simple de modifier un séquencier que de modifier un script déjà rédigé.
d) Le script ou « continuité dialoguée », la version complète donc, écrite selon le format communément admis par la profession avec les descriptions de scènes, les actions et les dialogues. Chaque scène est précisément décrite, chaque réplique est écrite, tout doit être traduisible à l’image. Les dialogues n’arrivent qu’à cette étape pour une raison simple : un dialogue ne peut être bon que s’il repose sur une situation dramatique solide.