
4 – Le rétroplanning – Pourquoi et comment ?
Le principe d’un rétroplanning en projet audiovisuel c’est qu’il sécurise les personnes qui doivent écrire autant que leur encadrant, du moment qu’il est consenti mais aussi conscientisé par tous ! Le risque numéro un avec des novices, c’est que la phase « recherche et inspiration » (qui est confortable, sans risque, on ne tranche jamais) dévore le temps qui devrait aller à l’écriture et à la réécriture (qui, elles, sont inconfortables parce qu’il faut trancher et s’exposer).
Il faut donc donner plus de temps à ce qui est plus difficile à verrouiller, à savoir l’intrigue. Enfin, le temps que vous avez avec vos apprenants est évidemment bien plus réduit que le temps qu’ils ont en autonomie : tournez-le à leur avantage ! Le temps de vos « classes » doit être réservé à ce qui nécessite vraiment d’être en groupe : tri, validation de structure, retours croisés, déblocage d’une situation compliquée par exemple.
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Prenons un exemple concret : vous encadrez 3 groupes d’apprenants qui doivent écrire un court-métrage d’animation de 5 minutes en un mois.
Exemple de découpage :

Avec l’encadrant : on découvre la méthode du mindmapping, on lance une session de brainstorm sur un exemple d’un film qu’ils ont tous vu pour qu’ils comprennent le geste avant de l’appliquer seuls. On se donne une consigne de recherche précise = 2/3 références (films, podcasts, articles) en lien avec leur thème, pas plus, sinon la recherche devient un puits sans fond. En autonomie : ils regardent leurs références et remplissent leur mindmap en divergence pure, sans trier.
Livrable de fin de semaine : un mindmap rempli, même en vrac.

Avec l’encadrant : c’est le moment le plus précieux du calendrier, parce que le tri se fait mal seul : donc on organise un atelier où chaque groupe présente son mindmap aux autres, qui challengent les choix (« est-ce que ça sert la quête ? »). L’encadrant « force »la décision : à la fin des 3h, l’intrigue et les personnages principaux doivent être verrouillés, décidés. Pour un scénario de 5 minutes, une intrigue simple avec un seul vrai virage vaut mieux qu’une intrigue riche mais bancale. En autonomie : ils écrivent ça le séquencier (8 à 12 scènes maximum pour 5 pages) et rassemblent 2-3 références visuelles.
Livrable de fin de semaine : intrigue + personnages figés, séquencier ébauché

Avec l’encadrant : on valide le séquencier ensemble scène par scène (ça évite que le groupe découvre en semaine 4 qu’une scène ne tient pas), puis ils écrivent directement les premières pages en classe : l’écriture collective en direct sera plus aisée car l’encadrant est présent. En autonomie : ils rédigent l’intégralité du premier jet dialogué.
Livrable de fin de semaine : un premier jet complet des 5 pages, même imparfait, l’objectif est d’avoir une matière à retravailler, pas un texte fini.

C’est la semaine la plus souvent sacrifiée par les néophytes, et c’est justement celle qui fait la différence de qualité perçue : il faut la protéger du retard accumulé plus tôt.
Avec l’encadrant : organiser une lecture à voix haute de chaque groupe, retours croisés, réglages et lissages (on est souvent bavard !). En autonomie : les apprenants intègrent les retours, recoupent, formatent le scénario en vérifiant avec l’encadrant si tout est bon (les en-tête, la pagination etc).
Livrable de fin de semaine : le scénario fini et formaté.
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Même si la manière de découper leur temps en autonomie leur appartient, vous pouvez vérifier qu’ils ne sautent aucune étape en leur demandant à chacun de vos RDV de remplir une sorte de « fiche de suivi » pour chaque groupe qu’ils rempliront et vous rendront. Cette fiche doit rester simple et très facile à remplir par un personne du groupe qui doit tourner chaque semaine !
Exemple :
« Objectifs de la semaine :
- Regarder 1 ou 2 références en lien avec le thème et noter les titres ici
- Ouvrir le mindmapping collaboratif et y ajouter au moins 15 idées en vrac
- Répartir les tâches : qui a fait des recherches ? Qui a fait quoi ?
- Points de blocages à signaler : « …. »