7 – IA ET TRAVAIL DE GROUPE ?

On peut voir 3 pièges propres à l’utilisation de l’IA en groupe d’écriture : 

  1. D’abord, l’IA comme arbitre clandestin : quelqu’un perd un débat en room et revient avec : « J’ai demandé à l’IA, elle est d’accord avec moi. » C’est délétère, car l’IA tend à aller dans le sens de celui qui la sollicite, selon la manière dont la question est posée. L’IA ne vote pas et ne tranche pas !
  2. Ensuite l’usage caché : si un membre rend des scènes générées par IA sans le dire, le jour où ça se découvre, la confiance du groupe est morte.
  3. Enfin le nivellement : si tout le monde passe ses textes à la même IA, tout finit par avoir le même goût.

S’ajoutent deux questions pratiques qu’il faut connaître.

  1. La question juridique et professionnelle : le statut du texte généré par IA est flou (en l’état, un texte purement généré n’est pas protégeable par le droit d’auteur), et surtout, de plus en plus de producteurs, diffuseurs et fonds de soutien demandent des déclarations sur l’usage d’IA. Le CNC a commencé à s’emparer du sujet. Un groupe qui vise une diffusion professionnelle a intérêt à pouvoir dire précisément comment l’IA a été utilisée.
  2. Et la question de la confidentialité : il est préférable de réfléchir à ce qu’on soumet à un outil en ligne quand le projet est confidentiel, et regarder les paramètres d’utilisation des données des outils qu’on emploie.

Ce qu’on pourrait ajouter à la charte :

Une règle 13, que le groupe rédigerait dans cet esprit : « L’IA peut être utilisée comme outil de recherche, de vérification et de mise à l’épreuve de notre travail. Elle n’écrit pas à notre place : aucun texte destiné au projet (scène, dialogue, synopsis) n’est généré par IA. Tout usage de l’IA sur le projet est déclaré au groupe. L’IA ne sert jamais d’argument d’autorité dans un débat. »

Certains groupes voudront peut-être être plus permissifs, d’autres en interdire tout usage, peu importe le curseur choisi, ce qui compte, comme pour la règle 8, c’est que la position soit décidée collectivement, à froid, et écrite. C’est exactement le genre de sujet qui, non traité, explose au pire moment.