
6 – LA CHARTE DU GROUPE D’AUTEURS
Se mettre d’accord et garantir la bonne exécution d’une charte de groupe permet aux rédacteurs de travailler en confiance et limite les frictions liés aux incompréhensions parfois légitimes.
Voici des points qui ont fait leur preuves, que vous pouvez reprendre et valider ou amender en groupe pour finaliser une charte qui sera la plus pertinente pour un groupe et un projet précis.

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- 1. La confidentialité crée la sécurité. Personne n’ose proposer une idée fragile ou personnelle s’il craint qu’elle circule. C’est la première brique de la confiance entre inconnus.
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- 2. Toute idée émise appartient au projet, pas à celui qui l’a eue.
Ça désamorce dès le départ la propriété des idées (« c’est MON personnage ») qui est la source principale de conflits. De plus, personne ne s’approprie le mérite d’une idée du groupe.
- 2. Toute idée émise appartient au projet, pas à celui qui l’a eue.
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- 3. On critique le texte, jamais la personne, et toute critique doit être expliquée.
« Je n’aime pas » est interdit. On dit ce qui ne fonctionne pas pour l’histoire (« l’enjeu arrive trop tard », « je ne comprends pas ce que veut le personnage »). Pour des néophytes, on peut même donner une formule d’appui : « Ce qui marche pour moi, c’est… / Ce qui me perd, c’est… / Une piste serait… »
- 3. On critique le texte, jamais la personne, et toute critique doit être expliquée.
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- 4. Celui qui reçoit des retours écoute d’abord, sans se défendre.
Il peut poser des questions de clarification, prend des notes, et répond seulement à la fin. Ça évite les débats d’ego et ça apprend le métier : un scénariste passe sa vie à recevoir des notes !
- 4. Celui qui reçoit des retours écoute d’abord, sans se défendre.
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- 5. Chacun parle à chaque session.
Un tour de table systématique, au moins en fin de séance. Cela protège les discrets (les Empathiques et Imagineurs de la PCM, par exemple) contre les bavards enthousiastes, et cela garantit que le silence de quelqu’un n’est jamais pris pour un accord.
- 5. Chacun parle à chaque session.
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- 6. Une idée n’est pas jugée au moment où elle est proposée.
On sépare les temps : un temps où tout est permis (divergence, brainstorm, aucune critique), un temps où on trie et on décide (convergence). Mélanger les deux tue la créativité des débutants, qui s’autocensurent dès la première objection.
- 6. Une idée n’est pas jugée au moment où elle est proposée.
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- 7. Les décisions prises sont notées, et une décision notée ne se rouvre pas sans élément nouveau.
Cinq lignes de compte-rendu par séance suffisent. Cela évite le syndrome du groupe qui rediscute éternellement les mêmes choix et ça protège le groupe du « on n’avait jamais dit ça ». Chacun rédige à tour de rôle le compte rendu.
- 7. Les décisions prises sont notées, et une décision notée ne se rouvre pas sans élément nouveau.
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- 8. En cas de désaccord persistant, on tranche comme ceci : à définir par le groupe !
C’est la règle la plus importante à écrire avant le premier vrai conflit. Les options : vote à la majorité, voix prépondérante d’un référent tournant, ou « celui qui écrira la scène tranche ». Peu importe le mécanisme choisi, ce qui compte, c’est qu’il existe et que tout le monde l’ait accepté à froid.
- 8. En cas de désaccord persistant, on tranche comme ceci : à définir par le groupe !
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- 9. Chacun s’engage sur ce qu’il annonce ; si on ne peut pas tenir un délai, on prévient avant, pas après.
Ce n’est pas la fiabilité parfaite qu’on exige, c’est la prévisibilité. Un retard annoncé se gère ; un silence désorganise tout le groupe.
- 9. Chacun s’engage sur ce qu’il annonce ; si on ne peut pas tenir un délai, on prévient avant, pas après.
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- 10. Si quelqu’un quitte le projet, ses contributions restent au projet et il est crédité pour ce qu’il a apporté.
La clause de sortie est écrite à froid, quand tout le monde s’entend bien. Si un jour elle doit servir, on se rend compte de son importance.
- 10. Si quelqu’un quitte le projet, ses contributions restent au projet et il est crédité pour ce qu’il a apporté.
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- 11. Les débats sur l’histoire se font en session ou dans le canal dédié, pas en messages privés ; les sous-conversations créent des clans, redoutable dans un groupe qui ne se connaît pas encore)
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- 12. Il n’existe qu’une seule version de référence des documents, nommée et datée, qu’on dépose et qu’on organise dans un Drive accessible à tout le groupe, y compris aux encadrants.
Au niveau de la pédagogie, la manière de faire adopter cette charte compte autant que son contenu. Vous pouvez consacrer la toute première séance uniquement à ça : présenter la trame, discuter chaque règle (sa raison d’être, sa validité, l’opportunité ou non de la modifier ) et, in fine, chaque membre du groupe doit la signer.
Ce rituel fondateur permet à chacun de découvrir et faire connaissance avec ses collègues à travers autre chose que l’histoire, et cela donne au groupe un texte qui lui est propre. Enfin, il est préférable de prévoir une clause de révision ! Au bout de trois ou quatre séances, on relit la charte et on modifie ce qui ne marche pas.
À cette « base » de règlement intérieur propre à chaque groupe, que les membres devront approuver – ou non, on peut également proposer aux stagiaires scénaristes de se trouver un nom de groupe (cela crée une identité, un esprit collectif !) et d’instaurer des rituels (un ciné-club tous les mois, par exemple).