
3 – APPROFONDISSEMENT DES 6 TYPOLOGIES DE PERSONNALITÉS EN PCM
Dans ce document de synthèse que vous pouvez télécharger :
vous trouverez les descriptions de chaque personnalité et les probables tendances de comportement dans le cadre d’une écriture collective. Des conseils vous guideront pour comprendre les conflits générés quand ces personnalités sont dites « sous stress » et ainsi ajuster votre action d’encadrant et apporter de premières solutions.
Rappelons que la PCM est un outil de lecture, pas un système de cases. Mais le fait qu’elle donne les besoins psychologiques actionnables de chaque type et qu’elle prédise les comportements sous stress (avec des outils pour les désamorcer) nous paraît plus utile dans le cas des écritures collectives que la méthode DISC qui s’arrête aux besoins générique, et ne prescript pas vraiment comment adapter sa communication vers l’autre.
En effet un atelier d’écriture collective est un environnement de stress créatif permanent : on rejette des idées, on réécrit ce qu’on aimait, on cède sur ses personnages. DISC vous dira qu’un groupe est en difficulté. La PCM vous dira pourquoi, à qui parler en premier, et avec quels mots. Pour un encadrant qui pilote plusieurs sous-groupes simultanément avec peu de temps d’intervention, c’est la différence entre naviguer à vue et naviguer avec une boussole.
Je vous invite à lire maintenant le Guide transmis, avant de revoir avec moi les points essentiels pour chacune des 6 personnalités :
- L’EMPATHIQUE, « la voix des personnages » (il y en aurait environ 35% dans la population, selon les données issues de Kahler Communication France)
Il est l’avocat du personnage : c’est lui qui vérifie que les émotions sonnent juste, que le spectateur pourra s’identifier, que les relations entre personnages sont crédibles et touchantes. Confiez-lui aussi un rôle de régulateur de climat dans le sous-groupe : il sentira avant tout le monde quand une tension monte ou qu’une voix n’est plus entendue. Indispensable pour éviter les scénarios bien construits mais froids et sans chair.

- L’ANALYSEUR, « le gardien de la cohérence » (25% de la population générale)
C’est lui qu’on place naturellement en architecte narratif : il vérifie que la structure tient, que les motivations des personnages sont logiques, que la chronologie ne part pas dans tous les sens. En pratique, confiez-lui le rôle de gardien du temps en séance et de scribe de la structure (plan séquencier, grille de scènes). Il excelle en phase de réécriture. Attention : ne le mettez pas en tête de groupe en phase d’idéation, il structurera trop tôt et étouffera la créativité des autres.

- L’ÉNERGISEUR, « le lanceur d’idées folles » (20% de la population générale)
C’est le moteur de l’idéation : son rôle naturel est de générer des idées inattendues, de casser les évidences, de proposer des directions que personne n’aurait osé formuler. En phase de brainstorming, c’est souvent lui qui débride le groupe. Nommez-le officiellement « lanceur d’idées folles » ou « avocat du chaos créatif », il adhérera immédiatement à un rôle qui sonne comme un défi. En phase de construction rigoureuse, canalisez-le avec des contraintes créatives plutôt que des règles formelles.

- LE PERSÉVÉRANT, « le Gardien du sens » (10% de la population générale)
Il est le veilleur thématique du projet : il s’assure que l’histoire dit quelque chose, qu’elle a un propos, une intention, une cohérence de valeurs. Confiez-lui explicitement ce rôle : il en a besoin pour rester constructif. Sans mission claire, il risque d’imposer sa vision plutôt que de la mettre au service du groupe. Précieux en phase de construction et de réécriture pour éviter que le scénario ne devienne une suite de scènes sans colonne vertébrale.

- L’IMAGINEUR, « le réservoir d’originalité » (10% de la population générale)
Son rôle est le plus discret mais souvent le plus précieux : il est le pourvoyeur de profondeur et d’univers. Ses idées les plus originales émergent rarement en groupe ; donnez-lui des tâches en amont des séances collectives (écrire une version alternative d’une scène seule, imaginer le passé d’un personnage, proposer un titre). Confiez-lui aussi le rôle de scribe visuel (carte mentale, frise des personnages) : travailler seul sur quelque chose de concret lui convient parfaitement.

- LE PROMOTEUR, « l’accélérateur de groupe » (5% de la population générale)
Son rôle est de faire avancer et débloquer. Quand le groupe tourne en rond, quand une décision narrative n’arrive pas à se prendre, c’est lui qu’on sollicite pour trancher et relancer. Confiez-lui le rôle de meneur de séance sur les phases courtes et intenses (pitch de concept, choix entre deux options narratives). Attention : sans cadre clair, il court-circuite le groupe et avance seul. Il a besoin que son rôle d’accélérateur soit reconnu et légitimé par l’encadrant.

